Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 23:00

Créé en 1808, le baccalauréat ne concernait à ses débuts qu'une petite minorité de postulants (moins de 10% d'une classe d'âge à la fin de la quatrième République).

Le mouvement s'est accéléré rapidement; ainsi, de 1958 à 1968, le taux d'admis au sein d'une même classe d'âge a doublé, passant de 10 à 20%. Quarante ans plus tard, nous sommes à 36%  de réussite aux bacs généraux, pourcentage stable depuis une dizaine d'années. Deux autres types de baccalauréats se sont depuis ajoutés: les bacs technologiques, créés en 1970, obtenus par 16% d'élèves d'une même classe d'âge, et les bacs professionnels, institués en 1985 qui concernent 12% de lycéens.

"Brevet de bourgeoisie" à l'origine, les bacs généraux se sont démocratisés au fil du temps. Mais, les classes populaires sont beaucoup plus présentes dans les filières technologiques et professionnelles. Il est certain que les recrutements et les finalités du diplôme ne sont pas les mêmes pour le général, le technologique et le professionnel.

Comme le montre le suivi des cohortes de bacheliers à l'université, mieux vaut détenir un bac général pour suivre avec succés des études supérieures.

Cependant, le bac apparaît depuis le début de son existence comme quasi incontournable. Mieux vaut avoir ce précieux sésame en poche. Alors,mettez toutes les chances de votre côté!!

Par agir
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Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 23:11

Difficultés d'apprendre et difficultés d'enseigner s'inscrivent dans une longue histoire. Dans la première partie du XIXième siècle, pour devenir maître d'école, il fallait d'abord être moniteur, choisi parmi les meilleurs élèves, il avait en charge l'instruction des plus jeunes. S'il persévérait, il était promu sous-maître. Payé par la commune en fonction de ses moyens, il sollicitait également  les familles qui le rémunérait selon le niveau d'étude demandé. Ainsi, apprendre à lire coûtait moins cher qu'apprendre à écrire; seuls les moins démunis pouvaient apprendre à compter.

 Il fallut un siècle pour passer de ce "mode" individuel à un "modèle" simultané, associé à la baisse du nombre d'élèves par classe, puis vint  la création d'un corps d'inspecteurs fonctionnaires et des écoles normales.Il fallut un autre siècle pour mettre en relation l'enseignement primaire et secondaire.

En même temps que s'élargissait le public scolaire en direction  des familles les moins fortunées, la question des modalités d'enseignement s'est posée. La proximité des origines sociales a alors montré ses limites.C'est Jules FERRY qui mit en place la formation des formateurs et les premières chaires  de "sciences de l'éducation" dans les universités.

Aujourd'hui, le mépris affiché pour la recherche a pour conséquence un grand bond en arrière et, nous retrouvons au passage bien des échos aux temps anciens , de la concurrence sans carte scolaire, aux fondations charitables, en passant par le désengagement de l'Etat.

Mettre devant les élèves des étudiants non formés à l'exercice du métier est une extraordinaire régression. "Tout change mais, au fond, rien ne change".Le niveau de formation "académique" des maîtres n'entraîne pas automatiquement l'élévation des performances des élèves. Qu'on se le dise!!!

 

Par agir
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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 22:46

Le Ministère de l'Education Nationale utilise souvent des sigles, plus il en invente et moins nous nous y retrouvons. A force de changer les mots, plus personne ne se reconnaît derrière le "flou artistique" de la réalité sémantique qu'ils sont censés recouvrir. Ainsi, la politique éducative s'obscurcit derrière ce foisonnement linguistique abscons savamment entretenu. Les termes "projet", "socle", "compétence", "individualisation", "évaluation", "accompagnement", "innovation", sont devenus des concepts qui servent à masquer les cruelles réalités du terrain. Notre école ne s'adresse plus à tous les enfants mais à chacun d'entre eux; les textes officiels demandent " de ne pas abandonner les meilleurs", de " libérer les initiatives" pour mieux faire jouer la concurrence.Nous ne nous battons plus contre les inégalités mais contre la violence, la formation a cédé la place au charisme,le bonheur remplace désormais l'apprentissage, les pauvres sont devenus les populations à risques.

A force de masquer les souffrances, les attentes d'une partie de la population scolaire, à force d'ignorer les conditions de vie des plus fragiles de nos concitoyens, à force de traîter les symptômes en ignorant la colère qui gronde,à force de mépriser les "insurgés" qui refusent le statut-quo, à force de refuser les évidences, nous laissons une partie de notre jeunesse livrée à elle-même, sans espoir, sans avenir.

Alors, osons affronter la réalité, parlons vrai et cessons de nous cacher derrière les mots.

Par agir
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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 22:05

A écouter Monsieur le Ministre de l'Intérieur, les deux tiers des enfants issus des immigrations seraient en échec scolaire. Ces populations seraient-elles plus en difficulté que les autochtones? Les carences linguistiques 'plomberaient"-t-elles davantage le parcours de ces élèves? Depuis plusieurs années, des études sur ce thème sont régulièrement publiées et toutes aboutissent à des conclusions fort différentes.Toutes démontrent en effet qu'à conditions sociales égales, les enfants d'immigrés réussissent aussi bien, sinon mieux que les enfants français d'origine.

Monsieur le Ministre de l'Intérieur fait référence aux conclusions d'un rapport de l'OCDE qui démontre que leurs résultats scolaires sont moins bons que les scores obtenus par les petits Français de souche. Il  convient cependant de ne pas oublier que la France est aussi  le pays où l'écart entre ces deux populations est le plus important. Mais, ce rapport montre aussi que les performances ne sont pas liées au nombre d'immigrés présents sur le territoire. Ainsi,avec le même ratio, le Royaume-Uni obtient un écart scolaire beaucoup plus faible. Le constat est identique dans 9 pays de l'OCDE.

Ce sont bien les systèmes éducatifs qui font la différence. Une autre politique, en particulier dans l'éducation prioritaire, est désormais indispensable pour inverser cette tendance.

Si "les têtes blondes " réussissent statistiquement mieux que "les têtes sombres", ce n'est pas une fatalité.C'est le manque de moyens qui est en cause. Oui, il faut donner "plus" à celles et à ceux qui sont les plus démunis, les plus pénalisés par les aléas de l'existence. Il en va de l'honneur de notre République.

 

 

Par agir
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 22:46

Aprés la lutte contre le harcèlement, Monsieur le Ministre vient de faire du décrochage scolaire une de ses priorités.Il est vrai que ce phénomène est en constante augmentation: 70000 dans les années 1990, 150000 en 2005, 180000 élèves aujourd'hui sont "perdus de vue". Ces chiffres sont bien en deçà de la réalité car ils ne concernent que les jeunes de plus de 16 ans; or, nous savons bien que le décrochage débute bien avant cet âge.

Comment l'expliquer? Beaucoup quittent l'école pour travailler, certains pour des raisons psychologiques; ces divers facteurs sont certes révélateurs de troubles liés à l'adolescence mais ils sont aussi parfois générés par le système lui-même. En effet, pour trop d'élèves l'école  est synonyme d'ennui, les savoirs encyclopédiques, de plus en plus complexes, découragent les plus fragiles, les moins armés, les moins préparés à affronter un enseignement de type frontal au sein duquel ils ne trouvent plus leur compte. D'autre part, l'offre éducative elle -même contribue à favoriser le décrochage. C'est le cas des orientations mal préparées, faites par défaut dans l'enseignement professionnel qui laissent sur le bord de la route une part non négligeable de jeunes.

La lutte contre le décrochage ne peut pas se régler réellement par la création de structures parallèles. C'est en proposant un environnement pédagogique riche, une offre de formation diversifiée, une prise en charge personnalisée que les élèves retrouveront le chemin de l'école. Sur ce terrain là, nous avons encore beaucoup de progrés à faire.

Par agir
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