Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 22:43

Ce n'est un secret pour personne, les lois de  décentralisation ont apporté une bouffée d'oxygène à nos collèges et nos lycées. En effet, régions et départements se sont mobilisés pour offrir aux élèves et à leurs professeurs des locaux rénovés, du personnel,des dotations en matériel leur permettant de travailler dans de bonnes conditions. Alors que l'Etat restreint son budget, les collectivités locales sont invitées à investir davantage. Dans ces conditions, les régions souhaiteraient avoir en charge l'enseignement professionnel et l'enseignement agricole.Elles ont bien aujourd'hui la gestion de la formation professionnelle et l'apprentissage. Cette revendication paraît logique. Rien de choquant en effet de lier plus fortement encore développement économique et formation. La France ne sortira pas de la crise en faisant l'impasse sur l'éducation. Les régions sont prêtes à y contribuer. Nous ne pouvons que nous réjouir de l'effort consenti mais, ne risque-t-on pas de créer ainsi un système dual avec, d'un côté, une formation professionnelle régionalisée et de l'autre une formation générale restant sous la tutelle de l'Etat? Le système éducatif ne perdrait-il pas de sa cohésion, de sa cohérence?

La décentralisation peut constituer un atout mais être aussi une menace dans la mesure où elle peut tourner le dos à un modèle qui l'a créee. Alors, risque à prendre ou risque à craindre?

Par agir
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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 23:24

Les Assises nationales sur le harcèlement à l'école viennent de se tenir à Paris. Il y a été beaucoup question des souffrances des élèves; c'est une bonne chose mais, que dire du mal-être des personnels?

La division du travail, la mise en concurrence des établissements , l'injonction au pilotage par les indicateurs, la recrudescence des évaluations, ne trouvent guère d'échos favorables sur le terrain. Beaucoup de professeurs sont désabusés, inquiets devant la déliquescence de notre service public d'éducation. Heureusement, ici et là, des enseignants motivés s'accrochent encore, parviennent à mettre en oeuvre des solutions partielles, temporaires, prennent en charge les élèves, innovent, favorisent la coopération, le dialogue, tissent au quotidien des réseaux et redonnent du sens aux apprentissages.Tâche difficile face aux demandes paradoxales qui leur parviennent de leur hiérarchie. En effet, comment mettre en oeuvre une pédagogie de la réussite quand, dans le même temps, les ségrégations en tout genre incitent à la relégation de certains publics?

Est-il utopique, dans ces conditions, d'envisager d'articuler enfin l'action politique, syndicale, professionnelle autour de la question du vivre ensemble?

Les souffrances des élèves et des personnels ont un point commun : la justice scolaire qui ne se réalisera pas sans une alliance entre les uns et les autres ,sans une confrontation entre les attentes de chacun. C'est ce nécessaire consensus  qui permettra de faire de ce brassage social et culturel le premier ciment de la Nation.

Par agir
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 23:11

La délinquance des mineurs augmente-t-elle comme semble l'affirmer Monsieur le Ministre de la justice? Cette affirmation est une sorte de vraie-fausse information qui s'apparente à une vérité tronquée au moins pour trois raisons.

1) Le nombre de mineurs "mis en cause" par la police et la gendarmerie a effectivement augmenté , il a même doublé entre 1990 et 2010,mais,c'est également le cas des majeurs , dans des proportions à peu prés identiques. Ce n'est donc pas une spécificité des mineurs.

2) En élargissant la définition de la délinquance, en donnant des consignes pour poursuivre toutes les infractions même les plus bénignes, la conséquence logique  est une augmentation des procédures réalisées par les forces de l'ordre. Ces statistiques s'apparentent  en fait à une comptabilité de procés-verbaux et ne constituent pas pour autant un sondage permanent sur l'état réel de la délinquance.

3) Ce dernier argument  ne dit rien de la nature même de cette forme particulière de délinquance. A partir de ces chiffres, nous pouvons fantasmer sur tout et n'importe quoi.

A regarder de plus prés, les condamnations ne sont pas représentatives de la vie quotidienne dans l'ensemble de la société française.Les mineurs condamnés pour des crimes ne représentent qu'1% du total des jeunes mis en cause. Il s'agit essentellement de viols et plus particulièrement de viols intra-familiaux et de viols collectifs. A contrario, 99% le sont pour des vols pour la moitié d'entre eux, viennent ensuite les violences volontaires, destructions, dégradations, infractions à la législation sur les stupéfiants, délits liés à la circulation routière, confrontations avec les représentants de l'autorité. Chaque fois que nous disposons d'éléments suffisants, nous constatons que , systématiquement, les mineurs sont les plus nombreux dans les catégories d'infractions les moins graves.

Il ne s'agit pas , bien sûr de banaliser ces actes condamnables. Il convient d'abord de cesser de désigner la jeunesse délinquante comme des ennemis de la société. Il faut avoir le courage et la responsabité d'affirmer que ces jeunes qui ont dévié, qui ont fauté, n'en demeurent pas moins nos enfants, les enfants de notre société. Nous avons collectivement une obligation morale dont l'objectif n'est pas de les exclure le plus vite possible mais, au contraire de les ré-inclure pleinement parmi nous.

Sortons vite de cette idéologie sécuritaire , véritable cercle vicieux de répression sans cesse accrue face à un monde juvénile qui est, par définition, instable et turbulent. Ce n'est donc pas d'une ième réforme du code pénal dont nous avons besoin mais d'une toute autre voie qui passe , bien sûr par l'Education.

 

Par agir
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 23:08

En France, nous ne connaissons pas le concept de curriculum. Cette notion prend en compte à la fois ce qui doit être enseigné à l'élève, ce qu'il en retient, la manière dont doivent être presentés les contenus à transmettre. Bref, ce terme englobe l'action éducative dans son ensemble. De nombreux pays ont cette préoccupation. En Finlande, par exemple, les enseignants sont régulièrement interrogés sur les acquis des élèves et toute la politique éducative, attentive à ces remontées concrètes, réorganise les contenus quand le besoin s'en fait sentir.

Cette pratique dépasse largement l'idée même de  programme et de contrôle des connaissances qui sont les deux obsessions françaises. Elle implique une cohérence entre la formation des professeurs, la rédaction des programmes, les procédures d'évaluation des élèves.En France, patrie de Descartes, tout est fragmenté, compartimenté; les éditeurs travaillent de leur côté, sans lien  avec les acteurs de la formation ni avec les concepteurs des programmes.Chaque professeur ignore souvent les contenus des autres disciplines de sa classe.

Nous devons nous interroger sur la pertinence des savoirs à enseigner. Nous ne pouvons plus nous contenter de programmes perennes, signés une fois pour toute par le Ministre de l'Education.Une prise de distance est necessaire, les consignes doivent être souples, chaque enseignant doit être libre d'adapter sa pédagogie à la diversité des publics accueillis.La construction des savoirs est à mettre en oeuvre de manière non uniforme.

Le socle commun, mis en place dans les collèges, va dans le bon sens, il est question de compétences et non plusde disciplines. La France est en retard dans ce domaine. En Angleterre, un élève passant le brevet des collèges a le droit de choisir son niveau de difficulté lorsqu'il se présente à cette épreuve. Est-on prêts pour de tels changements?

 

Par agir
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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 23:58

L'enseignement serait-il un métier comme un autre? Une profession que l'on pourrait exercer sans formation, au pied levé? Monsieur le Ministre annonce le possible recrutement de professeurs remplaçants par le biais de Pôle-Emploi. Que des personnes au chômage désirent intégrer l'Education Nationale n'a rien de choquant  à condition que les postulants soient au minimum formés. Quels compétences, quelles qualifications seront exigées? Comment et qui va les accompagner avant et pendant leur prise de fonction? L'arrivée d'un nouveau type d'intervenant compliquera davantage le fonctionnement des équipes pédagogiques . Ce sont  les chefs d'établissement qui devront  encore assumer cette délicate mission de gestion des ressources humaines. Mais, au fait, quel sera leur statut? Contrat de droit public? Contrat de droit privé? Il est malheureusement à craindre que le recours à ces personnels ne génère davantage de précarité, de mal-être, de souffrance. Alors, pourquoi le Ministère persiste-t-il dans cette voie? Cherche-t-il à banaliser la fonction d'enseignant? Nous n'osons pas le penser mais nous le redoutons.

Par agir
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