Il est bien loin le temps où le Ministère définissait précisément l'organisation et le contenu de la formation des enseignants. Désormais, recteurs et inspecteurs d'académie devront assumer la
territorialité de cette charge. Chacun fera avec les moyens du bord et le risque est grand d'assister à des inégalités de traîtement d'un secteur géographique à un autre. D'autre part, l'initiative
laissée aux académies et aux départements dans ce domaine posera des problèmes importants, sans marge de manoeuvre locale suffisante pour élaborer des statégies pédagogiques adéquates en
guise de réponse face aux difficultés rencontrées.Comment dans ces conditions trouver un vivier de formateurs compétents susceptibles d'accompagner les stagiaires, sans moyen spécifique?
Comment affecter ces nouvelles recrues tout en sachant qu'il faudra bien les remplacer lors des regroupements de formation? Comment en quelques semaines, parviendra-t-on à donner à ces futurs
enseignants les compétences nécessaires à l'exercice d'un métier de plus en plus exigeant et complexe?
Bien sûr, dans les années soixante, la plupart des maîtres étaient affectés sans formation, mais, aujourd'hui les temps ont changé, la demande sociale se fait plus pressante, la
population scolaire a évolué, les pratiques professionnelles également. L'impréparation et le bricolage qui semblent avoir cours dans cette réforme risquent de plonger dans les difficultés les
équipes qui devront se mobiliser pour offrir malgré tout un "avenir" positif à leurs jeunes collègues. Elles ne disposeront que de leur savoir-faire, de leur volonté, de leur motivation. Mais
attention à ne pas les lasser car la situation deviendra vite ingérable et, au bout du compte, ce sont nos enfants qui en pâtiront.