La demande du gouvernement de porter à 30% la proportion d'élèves boursiers dans les grandes écoles a soulevé un tollé parmi leurs dirigeants. La Conférence des Grandes Ecoles est en émoi, elle
désapprouve cette notion de "quotas" qui, selon elle, serait de nature à faire baisser le niveau des futurs lauréats.
Les statistiques démontrent que nous sommes loin des 30% de boursiers; actuellements ces établissements prestigieux recrutent 5% d'enfants d'ouvriers et 62% d'enfants de cadres supérieurs. Ces
grandes institutions participent donc à la reconduction des élites.
C'est inacceptable. L'intelligence, la motivation, la réussite ne sont pas l'apanage des classes favorisées. Il est cependant nécessaire de relativiser ces affirmations car la situation varie d'une
école à l'autre. Ainsi, Science-PO recrute déjà 21% d'élèves boursiers et "la mixité sociale a été accompagnée à la fois par l'augmentation du nombre de candidats et par
l'élévation du niveau scolaire des élèves admis." (Richard DESCOINGS, directeur).
D'autres établissements ont lancé des programmes d'aide aux lycéens défavorisés par le biais du tutorat et par la mise en oeuvre d'actions spécifiques visant à mieux adapter les enseignements
à la diversité des publics accueillis.
Malheureusement, les plus conservateurs d'entre eux ont emporté cette décision malheureuse et mal venue. Ils ont opté pour la fermeture sociale.
-Comment peut-on, dans la société contemporaine, être aussi réactionnaire?
-Comment croire que le niveau des concours doit être intangible afin de fixer à jamais une hiérarchie entre jeunes Français, dés l'âge de 20 ans?
-Comment ne pas comprendre que l'équilibre de la société passe par le rétablissement de la promotion sociale?
Ce n'est pas ainsi que l'enseignement supérieur se démocratisera. L'éducation nationale ne peut-être apparentée à un délit d'initié permanent . Nous ne pouvons plus ne prêter qu'aux
riches.
L'ouverture vers le supérieur commence dés la maternelle et, à ce titre, ce sont tous les acteurs de l'Ecole qui doivent se mobiliser pour faire de notre système éducatif une chance pour tous et
pour chacun de ses enfants.