En annonçant l'extension à tous les collèges, publics et privés, des heures d'accompagnement scolaire, le ministère de l'éducation nationale répond certainement à une attente du public largement
attestée par le succés des cours privés.Cette mesure est-elle susceptible d'atténuer les inégalités sociales à l'école?
En 2005, un rapport du Haut Comité de l'Evaluation de l'Ecole mettait en évidence une certaine forme d'inéquité.
La généralisation instituée à la rentrée peut-elle aller dans le sens d'une plus grande justice sociale? Les chiffres montrent que ce dispositif ne bénéficie pas à toutes les familles. Ce
n'est pas à l'extérieur de la classe que la réussite des élèves se joue.
Si le soutien n'est pas réalisé par les enseignants, le lien avec le travail au quotidien risque de se détendre.Or, il s'agit là d'un enjeu essentiel pour les maîtres: voir comment les élèves font
leurs devoirs ,pour être, par la suite, capable de mieux les préparer à aborder ce travail.
Le principal enjeu de la demande de soutien scolaire demeure l'incapacité du service public à accomplir ses missions. L'insuffisance des dispositifs de soutien gratuits et le manque
d'attention porté aux élèves au fur et à mesure qu'ils évoluent dans leur cursus se fait aujourd'hui cruellement sentir et peut expliquer, en partie la désaffection dont souffre l'école. Se
faire réexpliquer ce qu'ils n'ont pas compris n'est pas possible dans le cadre du fonctionnement normal de la classe. Le cours particulier répond à cette exigence. A ces conditions, le soutien
scolaire peut remplir sa mission sociale. Des objectifs qui ne pourront pas être atteints par hasard.