Le Ministre de l'Education Nationale avait, dans un premier temps, envisagé que les contenus des programmes d'histoire soient prescrits par la représentation nationale. Cette prise de position a
été condamnée par les historiens; en effet, le pouvoir politique, de quelque bord qu'il soit, n'a rien à imposer dans l'enseignement de cette discipline.Les régimes totalitaires se sont résolument
engagés dans cette voie ; ils n'y ont rien gagné et, souvent, au fil du temps, la vérité a fini par triompher.Certes, le parlement peut s'interroger sur la place et l'importance de l'histoire mais,
il serait dangereux qu'il légifère en matière de programmes, lesquels doivent être élaborés par des experts dont le statut et l'indépendance d'esprit sont unanimement reconnus.
On ne peut impunément manipuler l'histoire. Le pouvoir politique n'a pas à se substituer aux historiens pour définir le contenu des programmes enseignés dans nos écoles et, encore moins à donner
des directives sur les interprétations qui doivent en être retirées.
Le prêt à porter idéologique n'a pas sa plce en la matière. Nous ne pouvons accepter une histoire propagandiste, imposée par le pouvoir qui serait contraire à la recherche d'une mémoire
partagée dans laquelle tous les citoyens peuvent se reconnaître et sont viscéralement attachés.
L'histoire officielle n'a donc pas d'existence légale dans une démocratie. En revanche, il est dans le rôle de la représentation nationale d'instituer des commémorations.
Les rapports entre la politique et l'enseignement de l'histoire ont été souvent sujets à polémique. Qu'il s'agisse du rôle positif de la colonisation ou de la lecture de la lettre de Guy
Möquet.
L'Histoire appartient à la Nation et à elle seule.