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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 08:34

"Nous ne sommes pas les enfants de nos parents, nous sommes les enfants d'une époque" écrivait Goethe. Des enfants qui entendent souvent parler de violence, de dérèglement climatique, de chômage, de précarité, de récession, de crise. Comment évoluer dans de telles conditions? Quelle place leur réserver dans la société? Quelles promesses faire à nos jeunes qui, pour devenir adultes, ont besoin de rêver, de penser " le monde qui vient?" Tous leurs idéaux sont détruits, vilipendés. Nous nous désespérons de les voir renoncer devant le moindre effort mais nous n'avons de cesse de leur répéter qu'ils évoluent dans un univers injuste et inquiétant et qu'ils auront un niveau de vie inférieur à celui de leurs parents.

Heureusement, notre jeunesse est insouciante, inventive, se mobilise pour des causes qu'elle juge juste, elle nous demande d'être authentiques, de l'accompagner, de lui transmettre des histoires et des outils de vie. Nous devons lui apprendre à construire sa propre identité dans un monde en mutation mais aussi que la vie vaut la peine d'être vécue.

Faisons confiance à nos enfants, à leur capacité d'innover, d'inventer, de s'engager, d'expérimenter toutes les formes de liberté et même de transgresser car, dans toute adolescence, subsiste toujours une envie de s'émanciper de la tutelle des adultes pour ensuite penser et faire par soi-même.

Trouver sa place, agir, donner du sens à son existence, voilà les aspirations de notre jeunesse. A nous, adultes, d'assumer cette vision du futur pour nos ados mais aussi pour nous-mêmes.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 08:02

"Combattre les inégalités, favoriser la mixité sociale des jeunes des milieux défavorisés", tels sont les objectifs affichés par "Teach for France", association soutenue par des entreprises et des grands groupes français.Mais, derrière ce tableau idyllique se cache une toute autre réalité: une machine de diffusion de l'idéologie du marché par le biais de jeunes diplômés des grandes écoles, qui, pendant deux ans se voient offrir l'opportunité d'enseigner dans le seul but d'enrichir leur CV.

Une formation expresse de cinq semaines dans une école de management privée, des emplois du temps surchargés pour assurer la réussite aux examens des élèves concernés grâce à la discipline et à la rigueur. Il fallait y penser!!! Des entreprises privées finançant la formation de ces futurs cadres promus enseignants en l'espace de quelques jours!!! Du jamais vu!!! Le MInistère de l'Education Nationale reste discret sur ce sujet. Ces futurs professeurs "hors statut", "bienveillants, visionnaires, meneurs et courageux" seront accompagnés dans leur mission par plusieurs tuteurs dont un, issu du monde de l'entreprise.

"L'Ecole n'est pas une marchandise" et n'a pas comme mission de former les bons petits soldats dont a besoin l'économie triomphante. Nous constatons aujourd'hui que le privé se développe dans ce nombreux secteurs, le soutien scolaire par exemple, il prospère sur les insuffisances de l'enseignement public qui peine à se réformer.

Deux voies s'offrent désormais aux acteurs du monde de l'éducation. La défense,le conservatisme, le repli sur soi et le maintien du statu quo avec toutes les conséquences désastreuses pour la survie de l'Ecole publique ou, au contraire, forts de cette prise de conscience, miser sur l'innovation, et faire évoluer le système éducatif en le transformant en profondeur. J'opte résolument pour la seconde alternative, et vous???

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 07:50

Sortis à la fin des années 90, et pas du tout démodés, bien au contraire, les Pokémon,ces petits monstres ont la côte. Remis au goût du jour par une technologie qui superpose des éléments virtuels avec la réalité, ce jeu disponible dans 48 pays touche un immense public, grâce en particulier aux réseaux sociaux. Pokémon Go ressemble à une immense chasse au trésor qui se mène à plusieurs. Faut-il s'en réjouir ou y voir au contraire une régression intellectuelle partout sur la planète?

Dans une société en manque de repères, se retrouver ainsi entre amis, faire des rencontres créerait parait-il de nouveaux types d'expériences sociales. Avons-nous vraiment besoin du virtuel pour sortir d'un quotidien difficile, pour obtenir des récompenses? De telles pratiques ne sont-elles pas en train de nous éloigner du réel, de nous aliéner, de faire de nos enfants des zombies? Voir des personnes hystériques bloquer une rue, un parc à la recherche d'un Pokémon peut surprendre plus d'un citoyen ordinaire. Cette folie estivale qui permet au joueur de se mettre en valeur a encore de beaux jours devant elle. Mais, vouloir être le meilleur dans un monde où les inégalités se multiplient, où le nombre d'exclus augmente est illusoire,dangereux et ne peut être un objectif en soi surtout pour celles et ceux qui éprouvent des difficultés dans leur quotidien. Le virtuel peut être aussi à l'origine de bien des troubles psychiques. Souhaitons que la rentrée scolaire et les journées passées en classe sonnent la fin de la récréation.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 11:39

Nous sommes des humains qui évaluons notre vie à partir de l'effet que nous produisons sur les autres. C'est cette reconnaissance qui nous donne le sentiment d'exister. Pour cela, nous avons besoin de recevoir un savoir pour le redonner à quelqu'un d'autre. Nous sommes des passeurs de sens en quelque sorte. Tout système social est constitué de savoirs: savoir-être, savoir-faire, savoir-vivre, savoirs académiques. Or, le capitalisme consumériste et pulsionnel a contribué à détruire insidieusement tous les circuits de transmission, par le biais des médias de masse d'abord, des réseaux sociaux ensuite et très récemment du big-data.

Nous baignons aujourd'hui dans un univers d'informations que nous ne parvenons pas à transformer en savoir et nous finissons par fonctionner par automatisme.Ainsi,nous désapprenons le calcul avec la calculette, l'orthographe avec les textos. Et la vie en société? Certains jeunes dépourvus des compétence sociales basiques deviennent vite des barbares, des êtres désocialisés, irresponsables,qui croient qu'en éliminant leurs victimes, ils vont pouvoir compenser ce qui a disparu: la solidarité, la confiance en soi et dans les autres, bref tout se qui fonde une société.

C'est ce que le philosophe Bernard STIEGLER appelle la disruption, mécanisme qui transforme les processus d'innovation technologiques à une telle vitesse que les systèmes sociaux, famille, éducation, droit,savoir, langage sont court-circuités. Cette disruption produit des vides juridiques, politiques, économiques qui détruisent au passage les régulations mises en place. Conséquences: la diversité sémantique, orthographique, mentale diminuent; l'intelligence s'appauvrit.

Il devient urgent d'apprendre autrement, de transformer en profondeur le système éducatif par une meilleure distribution du savoir d'achat, capable de combattre à la fois la destruction de la planète et d'augmenter le bien-être collectif par d'autres voies que la consommation. Tout un programme à construire ensemble. L'Ecole doit être en première ligne.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 08:01

La paix entre les hommes n'est jamais acquise. Elle demeure une finalité à atteindre grâce à l'éducation au sens large du terme . Former un être humain capable d'intégrer une acceptation spontanée de la règle commune demande du temps, de la patience et de la volonté. Mais aujourd'hui, notre modèle éducatif est en crise. Nous sortons d'une longue période "permissive". Ainsi,après avoir fait l'éloge de la transgression, de l'individualisme, du cynisme, à force d'avoir chanté sur tous les tons le refus des règles, des contraintes et des vertus civiques, nous avons dissipé un capital éducatif accumulé depuis des siècles qu'il s'agit de reconstituer." Le défi est immense.

Les générations nouvelles ont de plus en plus de difficultés à opérer des distinctions entre le permis et l'interdit, le bien et le mal. Nombre de garçons et de filles nous paraissent comme désaffiliés du corps social, de toute culture commune. Ils n'ont pas bénéficié de ces repères minimaux, donnés jadis par la famille et l'école, qui fondent justement la "civilisation des mœurs". Or, comme toute société sécrète tôt ou tard ses propres moyens de défense, le sort promis à ces jeunes n'est guère enviable et passe souvent par la case policière ou carcérale. Les prisons se remplissent, deviennent explosives. Pouvons-nous nous satisfaire de cette situation? Tôt ou tard, nous devrons réhabiliter tout à la fois l'autorité et l'intelligence. Les deux doivent tenir ensemble. Ce qui n'exclut nullement la bienveillance et le dialogue. C'est désormais aux adultes de reprendre la main.

(1) Ce texte s'inspire d'une chronique de Jean-Claude GUILLEBAUD parue le dimanche 17 juillet dans Sud-Ouest Dimanche.

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 08:04

Cahiers de vacances, cours de vacances, stages : la grande coupure de l'été est aussi le moment où les parents inquiets cherchent à maintenir ou même à améliorer le niveau scolaire de leur enfant. Pour quatre écoliers sur cinq cela passe par cahier de vacances à remplir durant l'été. Mais sont-ils efficaces ? Et que faire d'autre ? Voilà ce que disent nos experts... Les best sellers de l'été En 2015 il s'en est vendu près de 4.5 millions d'exemplaires. Cette année encore, les cahiers de vacances sont les best sellers de l'été. Sur les 20 titres les plus vendus début juillet 2016, 13 seraient des cahiers de vacances. On les trouve maintenant partout. En librairie , bien sur, mais aussi dans les grandes surfaces qui constituent de loin le plus important point de vente. On trouve aussi facilement sur Internet des cahiers de vacances gratuits à télécharger. Ce rappel permanent des cahiers de vacances joue sur la culpabilité des parents. Puis je laisser mon enfant tout l'été sans aucun rappel scolaire ? Ne faut-il pas le préparer à sa future classe ? La pression scolaire a fini de s'imposer aux parents au point que les cahiers de vacances ont remonté la scolarité et sont proposés maintenant dès la maternelle.

L'éducation nationale a légitimé cette évolution en proposant ses propres cahiers de vacances. En 2008, X Darcos avait lancé des "Cahiers d'Europe" destinés aux écoliers à partir de 7 ans , et aux collégiens. Ces cahiers ont été réédités en 2012 et sont toujours en ligne... En même temps, les cahiers sont devenus plus ludiques. Les jeux ont pénétré les collections les plus sérieuses et Hatier propose même des "Jeux de vacances" pour réviser tout en s'amusant. Des cahiers qui servent surtout aux bons élèves... On sait tout de l'usage qui est fait des cahiers de vacances grâce à une étude de Fabienne Rosenwald et Magda Tomasini parue dans Education &formations en 2005. L'âge d'or des cahiers de vacances c'est l'école élémentaire. 59% des écoliers en recevraient, mais plus des deux tiers des élèves de CE1 et Ce2. En maternelle, déjà 22% des enfants auraient leur cahier de vacances. L'usage décroit ensuite sauf aux classes charnières. La moitié des élèves entrant en 6ème et en 2de ont fait un cahier de vacances durant l'été. Globalement cela ne concerne que 44% des collégiens et 33% des lycéens généraux et technologiques, 22% des élèves des LP. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce sont surtout les bons élèves qui utilisent les cahiers. Selon Fabienne Rosenwald et Magda Tomasini, seuls 31% des redoublants travaillent sur un cahier de vacances durant l'été contre 44% des non redoublants. Ce sont aussi les enfants les plus privilégiés. A l'entrée en CP, 64% des enfants de cadre ont bénéficié d'un cahier contre 29% des enfants d'employés. A l'entrée en 6ème, 86% des enfants d'enseignants et 54% des enfants de cadres ont suivi un cahier contre 40% des enfants d'employés.

Pour quelle efficacité ? Mais que savons-nous de l'efficacité des cahiers de vacances ? En 2001, Jean-Pierre Jarousse et Christine Leroy-Audoin ont étudié, pour l'IREDU, l'efficacité des activités scolaires des élèves en été. Leur travail montre que celles-ci ont bien un impact sur les résultats scolaires. Mais l'efficacité varie selon le support. Globalement l'effet des cahiers de vacances se lit dans les notes qui remontent entre juin et septembre , notent les auteurs. Mais cela varie selon les cas. Au primaire, "à niveau comparable en Juin, les élèves ayant déjà redoublé, les enfants des familles dans lesquelles aucun des deux parents n'est cadre, les élèves appartenant à de larges fratries ont tendance à maintenir significativement moins leurs acquis. Les écarts qui se constituent pendant l'été sont presque de même ampleur que ceux qui se sont constitués tout au long de l'année scolaire, quelle que soit la discipline. Seuls les élèves de milieu défavorisé qui ont travaillé et rempli complètement leur cahiers de devoirs de vacances compensent en partie leur handicap en faisant jeu égal avec les enfants de milieu favorisé … qui n'ont pas travaillé... Au collège : à activité scolaire comparable pendant les congés, les élèves de milieu favorisé améliorent plus que les autres le niveau de leurs notes entre Juin et Septembre. C'est au sein du groupe des écoliers forts que le travail scolaire pendant les vacances se révèle le plus profitable, et ce quel que soit le support". Ainsi les enfants qui terminent leur cahier de vacances ont de meilleurs résultats que ceux qui ne l'ont pas fait. Il ne suffit pas de passer le cahier à la caisse du supermarché, ou d'aller jusqu'à la page 6. Il faut vraiment terminer le cahier de vacances pour en tirer le bénéfice. Or, seulement 39% des enfants terminent leur cahier de vacances. 3% ne l'ouvrent même pas !Les filles les finissent plus souvent que les garçons et les redoublants moins souvent que les autres, précisent Fabienne Rosenwald et Magda Tomasini. Enfin bien d'autres critères entrent en jeu dans cette efficacité, comme l'accompagnement familial. " A certains enfants, ceux des milieux favorisés, (le temps des vacances) permet de bénéficier à temps plein de leur environnement plus favorable et d'activités, parfois en apparence peu scolaires, qui renforcent leurs compétences ; à d'autres, il fournit l'occasion de s'atteler à un véritable travail.. qui doit conduire au minimum au maintien des acquis scolaires".

Que faire d'autre ? Ainsi, plus que ceux qui travaillent sur des cahiers de vacances, les vrais grands profiteurs des congés sont les jeunes qui ont des activités culturelles avec leurs parents. Visites commentées, pièces de théâtre jouées en famille, concerts estivaux avec cousins et cousines, maths avec son grand frère ont un impact plus fort que le remplissage des cahiers. Mais ces activités nécessitent une proximité avec l'école qui reste l'apanage des familles favorisées ou enseignantes. Des activités pour vos enfants Comment construire ces activités avec vos enfants ? Le site québécois Carrefour éducation, propose un intéressant répertoire de ressources validées par des enseignants du primaire. On y trouve des applications destinées aux tablettes et aux appareils mobiles comme des outils pour créer des bandes dessinées, travailler à partir de photos, réviser des notions ou lire des livres.

Mais les enseignants proposent aussi des activités à faire en famille qui toutes confortent les apprentissages scolaires. En voici quelques unes qui trouvent facilement place dans le temps des vacances. •Faire participer l’enfant à l’élaboration de listes écrites de tous genres (épicerie, articles pour le voyage ou le camping, etc.). •Faire des collections de divers objets dans le but de les compter. •Écrire une carte postale, une lettre ou un courriel aux membres de la famille. •Lire des chansons dans un carnet, inventer des histoires collectives ou des devinettes au coin du feu ou lors des longs déplacements. •Conserver des souvenirs de voyage ou un journal intime et noter des péripéties accompagnées de photos. •Cuisiner en laissant les enfants lire la recette, mesurer les ingrédients et s’occuper du temps de cuisson. Pour les plus grands, doubler ou tripler une recette pour faire de l'addition de fractions. Vous en trouverez d'autres sur Carrefour éducation. Les vacances renforcent les inégalités Une certitude : le temps des vacances renforce les inégalités scolaires. "Ceux qui ne participent pas au mouvement.. ont de fortes chances de se laisser distancer dans une compétition dont ils pensent, à tort, que la reprise officielle n'est programmée qu'à la rentrée" écrivent Jean-Pierre Jarousse et Christine Leroy-Audoin. "Finalement le travail scolaire pendant les congés conduit à un renforcement des différences sociales, sexuelles et scolaires de réussite ". Alors pas de trêve à la compétition cet été ? François Jarraud

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 08:04

La violence, encore et toujours!!! Nice pleure ses victimes innocentes et nous sommes partagés entre sidération et colère. Ces terribles attentats qui ensanglantent le monde doivent aussi interroger notre Ecole et plus largement tous les acteurs de l'éducation. Avec cette question lancinante. Comment des jeunes peuvent-ils devenir des monstres? Comment des jeunes peuvent-ils être entrainés dans ce fanatisme mortifère? Comment agir au quotidien pour permettre à tous nos enfants de découvrir l'importance du respect de l'autre, de la fraternité et, plus largement du bien commun?

Nous avons le devoir en tant que citoyen de nous interroger à la fois sous l'angle de la morale et sous celui de l'efficacité.. A nous d'exiger que notre démocratie apporte des réponses à ces actes terroristes tout en restant fidèles aux principes qui la fondent au risque, sinon, de donner raison à nos pires adversaires. A nous de veiller à ne pas alimenter par nos méthodes ce que nous prétendons combattre au risque, sinon, de nous précipiter vers une nouvelle guerre plus insidieuse, mais aux effets délétères.

Oui, nous devons mettre en place les moyens de lutter efficacement contre toutes les formes de terreur, d'assujettissement pour construire patiemment, obstinément une véritable solidarité des démocraties et des démocrates: une solidarité porteuse de justice et de paix.

Mais à côté de cette action citoyenne et du nécessaire sursaut politique que nous appelons de nos vœux, ces actes odieux demandent une action éducative de longue haleine. Que proposons-nous à ces jeunes pour qu'ils puissent se construire une identité, et conserver à la fois leur liberté et leur vie? Quel idéal leur présente-t-on qui puisse satisfaire leur besoin d'engagement sans basculer dans la folie meurtrière et mortifère? Questions essentielles qu'il faut que nos enfants gardent en tête pour eux-mêmes mais aussi pour les autres. Questions sans réponse universelle dans un monde où les grands idéaux mobilisateurs ont du plomb dans l'aile.

Laissons ces questions ouvertes pour que nos élèves soient déterminés à éradiquer les conditions sociales dramatiques et les injustices scandaleuses qui gangrènent notre corps social, favorisant ainsi les passages à l'acte les plus barbares, pour que chacune et chacun soit malgré tout capable de choisir la voie de la solidarité, de la générosité, de l'effort et de la liberté.

(1) Texte inspiré du livre de Philippe MEIRIEU "Eduquer après les attentats" à paraître en août 2016

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 20:12

~~ Marguerite Yourcenar : « Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties » Par The Dissident le 27 novembre 2015 Marguerite Yourcenar. Crédit photo Corbis Marguerite Yourcenar. Crédit photo Corbis Régulièrement, Pollens vous proposera la lecture d’un extrait d’œuvre d’un philosophe, d’un intellectuel, d’un poète, d’un écrivain, d’un artiste ou d’un citoyen engagé dont la portée nous parait essentielle à (re)découvrir. Éminemment humaniste, l’écrivaine et poète Marguerite Yourcenar (1903– 1987) fut la première femme élue au sein de l’Académie française. Nous vous proposons de découvrir un extrait de l’essai Les Yeux Ouverts, un ensemble d’interviews de l’auteure réalisées par Matthieu Galey, paru en 1980 aux éditions Le Centurion. « Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire. Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil. On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir. On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts. On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays. En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés. On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs. Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. » Marguerite Yourcenar Jj

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 08:14

Le bac serait-il donné à tout le monde? Serait-il à ce point dévalorisé? Je ne le crois pas. De nombreux élèves malheureusement, entre 10 et 20% environ en fonction des séries échouent à cet examen et feraient même l'objet d'une certaine forme de mépris en s'avérant incapables d'obtenir ce précieux sésame. Selon l'adage "la réussite des uns doit nécessairement entrainer l'échec des autres." C'est ce que l'on appelle la constante macabre qui, bizarrement ne touche pas le baccalauréat. En effet, les questions posées à cette épreuve sont classiques, analogues à celles traitées en cours ce qui permet à des élèves assidus d'obtenir des résultats convenables.

Il y aurait donc un décalage entre les évaluations réalisées en classe et la conception du baccalauréat. Ce qui est anormal ce ne sont donc pas les épreuves mais la préparation, toujours empreinte d'un esprit de constante macabre.

Que les élitistes, les amateurs de statistiques se rassurent. Après le bac les élèves seront confrontés à des concours pour accéder à une qualification professionnelle. Ce sera une toute autre histoire!!!

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 08:16

56 400 élèves suivent leur scolarité dans des établissements hors-contrat, c'est à dire sans aucun lien avec l'Education nationale. S'ils restent marginaux, ils sont en progression, surtout dans le primaire; 80 nouvelles écoles ont en effet ouvert entre 2014 et 2015. Selon le Ministère il en existe environ un millier tous niveaux confondus dont les deux tiers n'ont aucune appartenance religieuse. Une grande partie proposent des pédagogies alternatives, type Montessori ou Steiner. Parallèlement, 24 900 enfants suivent une scolarité à domicile, c'est 6 000 de plus qu'en 2010. Madame la Ministre envisage d'exercer un contrôle plus strict et de durcir les conditions d'ouverture de ces structures. Fort bien. Il convient d'être vigilant et de fermer les établissements dont le fonctionnement contrevient aux lois de la République. Mais, allons plus loin!! Ne faudrait-il pas d'abord s'interroger sur les raisons qui poussent les parents à choisir un autre mode de scolarité pour leur progéniture? N'est ce pas en premier lieu l'école publique qui est en cause?

Au-delà des bonnes intentions annoncées, cette volonté gouvernementale révèle bien l'ignorance des fondements sur lesquels s'appuient ces pédagogies alternatives. Mieux vaut alors tenter d'empêcher leur développement en évitant soigneusement de remettre en cause un service public d'éducation qui impose ses propres finalités, formate les esprits au nom de la liberté comme l'a souligné la Ministre. Evitons alors que le mouvement qui se dessine ne fasse tâche d'huile, que l'opinion ne se pose trop de questions et suscite des envies pour d'autres enfants. C'est bien l'Ecole qui tente de se protéger!! Rassurez-vous!! Il n'y aura si grève ni manifestation. Quelques établissements sectaires seront fermés, des enfants en danger rejoindront le sérail et tout rentrera dans l'ordre.

Le renouveau pédagogique attendra!! Tant pis pour les élèves qui pourraient en tirer avantage!!!

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