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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 21:55

Bon nombre d'enfants "à problèmes" sont estampillés "handicapés psychiques" par la Maison Départementale des Personnes en situation de Handicap", porteurs d'étiquettes que nous leur assignons: dyspraxie, dyslexie, dyscalculie,déficits attentionnels, troubles oppositionnels, hyperactifs, etc... Une fabrique de diagnostics qui marquent dans la chair et valorisent le traitement des effets et non des causes du système éducatif français, le plus inégalitaire de l'OCDE, (comme vient de le confirmer la récente enquête PISA.)

Désigner ces gamins sans prendre la mesure des décisions politiques prises en amont,c'est effacer l'enfance. Les fermetures accélérées des classes uniques dans les villages,les classes surchargées dans les villes, la diminution des effectifs d'enseignants mais aussi de médecins,psychologues, assistantes sociales scolaires ont eu un impact non négligeable  tant sur le comportement que sur les résultats des enfants les plus fragiles. Au nom d'un prétexte comptable dont l'efficacité reste à démontrer, le démantèlement de tous ces savoirs a été remplacé d'un trait de plume par un nombre incalculable d'emplois de service précaires.

Pour promouvoir dignement un processus d'apprentissage, il faut des conditions d'espace-temps propres à l'enfant ainsi qu'une obligation de moyens.Un espace inviolable, une sorte de suspension loin du monde foisonnant, un rythme lent soutenant l'apprentissage, de la capacité de juger, pour, dans des situations inédites, nous sauver du désastre.

Battons-nous pour soutenir à l'école des initiatives citoyennes, loin d'une logique néolibérale qui fabrique des exclus.Luttons pour créer des greniers à savoirs qui englobent l'écologie, la philosophie, les arts manuels, musicaux, l'éducation populaire.Construisons des espaces de vie où l'expérience de penser le monde puisse aussi bien se faire un crayon sur la feuille,les mains dans la terre, les yeux dans le ciel,les pieds en éventail, le corps en mouvement, l'oreille qui traîne.

Il en va de notre responsabilité poétique et politique à tous!!!

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 08:12

Le Haut Conseil à l'égalité vient de rendre public un rapport sur l'éducation à la sexualité. Ce texte regrette l'abandon de toutes les initiatives qui avaient été mises en place dans les établissements scolaires. Ainsi, sur 12 millions de jeunes scolarisés chaque année, seule une petite minorité bénéficie encore de séances annuelles d'éducation à la sexualité comme la loi le préconise. Ne nous étonnons pas si les stéréotypes continuent à peser sur les comportements: violences sexistes, agressions, inégalités au sein des groupes, intolérances vis à vis de l'homosexualité.

Comment faire évoluer les mentalités quand un quart des établissements ne mettent en place aucune action d'éducation dans ce cadre, quand le terme "sexualité" est absent des nouveaux programmes, quand le guide de formation des formateurs est caduque, quand seule la vision biologisante est  privilégiée?

Le rapport plaide pour une relance claire de la politique d'éducation à la sexualité qui devrait partir des attentes et des besoins des jeunes et non des cours magistraux réalisés par les adultes.

De la maternelle à l'université, le droit fondamental à bénéficier d'une éducation à la sexualité doit être réaffirmer et être effectif pour tous.

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 08:22

La langue est une clé sociale. Ne pas la posséder, ou la maîtriser insuffisamment handicape lourdement le locuteur. Le problème aujourd'hui est que de nombreux jeunes, issus en particulier des immigrations, ne maîtrisent ni la langue maternelle de leurs parents, ni le français. Résultat: un déficit d'intégration par défaut d'acquisition de la forme commune du langage. Bien sûr, ils communiquent avec leurs proches, inventent leurs propres codes mais ne sont pas compris des autres. C'est l'avenir du vivre ensemble et de la démocratie qui est en train de se jouer. Quand nous ne disposons que de quelques centaines de mots pour argumenter, la violence physique ou verbale n'est jamais loin!!

Comment combler ce vide?Comment partager ce capital linguistique qui divise, apanage de quelques privilégiés? Les jeunes issus de milieux favorisés  adorent utiliser des expressions empruntées aux cités, c'est tendance, en effet!! Mais, l'inverse n'est pas vrai. La jeunesse des quartiers n'a pas accès au langage bourgeois.

Quand la langue s'appauvrit, la chaîne de transmission est menacée, ne fonctionne plus sur le modèle du partage mais du pillage. A méditer!!!

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 08:03

En quelques décennies, le temps des vacances des enfants s'est indexé sur celui de leurs parents. Aujourd'hui, ils ne disposent plus de suffisamment de temps ni pour eux ni pour leur progéniture; la vie moderne est chronophage!! L'enfance n'est malheureusement plus d'actualité; nous lui préférons désormais l'adolescence avec toutes les caractéristiques de cet âge ingrat: narcissisme, passage à l'acte, irresponsabilité, envie simultanée de transgression et de régression, d'indépendance et de protection. Nos sociétés voudraient, dés la sortie du ventre maternels des enfants raisonnables et purs!!! Et pourtant!!! Rappelez-vous!!!

Nous sommes tous passés par cette période d'émerveillement , de déception, de désordre, d'incohérence, de désir, de peurs, de promesses pas toujours tenues. Nous ne sortons jamais indemnes de notre enfance. Alors, pour l'apprivoiser, nous la réinventons selon les besoins de notre accommodation au monde des grandes personnes sensées.Oubliant au passage sa vivacité, sa folie douce, son pouvoir de recréation. 

La cause de l'enfance devrait être la nôtre, celle de la liberté, pas encore contrôlée, mais protégée. Même ses blessures nous rendent nostalgiques. Ne tournons plus le dos à notre enfance, car c'est souvent en elle que nous pouvons trouver la passion de la vie.

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 08:19

La poésie et la création sont le propre des enfants, c'est avec ces modes d'expression qu'ils tentent de donner sens à ce qu'ils vivent et qui leur échappe.L'enfance, c'est aussi les temps des "pourquoi" qui décrètent la reconnaissance d'un besoin de compréhension aussi vital que le sont celui de se nourrir ou celui de rêver.

Or, aujourd'hui, de plus en plus d'enfants ne trouvent plus assez d'espace ni de de liberté pour déplier leur "pourquoi". Parce que le temps de l'enfance se construit dans le mouvement même du langage, où chacun intériorise les valeurs dominantes des discours ambiants qui vont déterminer à terme ses propres orientations. Les enfants en arrivent alors à s'identifier à leurs dépens aux paroles qui veulent les épingler d'une façon arbitraire ou les réduire d'un trait alors qu'ils nous invitent à apprendre à tisser des liens avec l'autre.

Demandons-nous alors ce que sont devenues nos capacités d'écoute, d'hospitalité lorsqu'un enfant proteste par rapport aux exigences folles de notre temps, Nous leur devons notre insatiable désir des connaissance, nos remises en question, nos doutes car ils nous délogent de nos acquis et de nos prétentions.

Entre notre silence ou leur désaffection induite par la soumission ou l'exclusion, nous avons à organiser nos moyens collectifs de résistances pour ouvrir, auprès d'eux d'autres voies. pour que nous n'ayons jamais à redire "nous ne savions pas." 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 08:09

Avec un budget  en hausse de 3 milliards d'euros, l'Education nationale s'en tire plutôt bien dans un contexte économique difficile. Il devrait permettre la création de 11662 postes, l'augmentation des rémunérations des personnels, la pérennisation des emplois aidés pour les élèves en situation de handicap, le déploiement du plan numérique, l'augmentation des bourses lycéennes, des fonds sociaux, l'aide à la recherche du premier emploi.

Premier poste budgétaire de l'Etat, l'Education nationale termine la quinquennat en apothéose mais pour quels résultats? Rappelons que  c'est en France que les origines sociales déterminent le plus les trajectoires scolaires des élèves, l'école ne parvient pas toujours pas à juguler ces inégalités de départ. Ne faudrait-il pas alors revoir les pratiques pédagogiques? Comment expliquer cet autre paradoxe? Notre pays consent des efforts colossaux pour rénover le système éducatif et pourtant, les performances des élèves ne cessent de baisser. Pire!! L'écart se creuse énormément entre les meilleurs et les plus faibles dont le nombre ne cesse de croître. Nous ne savons pas gérer l'hétérogénéité des niveaux de plus en plus grande. Conséquence: une majorité d'élèves s'ennuient, décrochent quand le reste peine à comprendre le contenu des cours!!! 

Diversifier, s'adapter devraient être les maître-mots de notre enseignement. C'est la formation initiale et continue des professeurs qui a besoin d'être repensée, valorisée, en phase avec la recherche pédagogique.

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 08:08

La violence a toujours existé à l'école, il faudrait être sourd et aveugle pour prétendre le contraire. Les plus anciens ont connu des enseignants peu avares en gifles et coups de règle, persuadés de bien faire, en bons serviteurs de la République. Les parents leur donnaient raison et parfois doublaient les punitions. Les cours de récréation étaient des endroits où, souvent, les conflits se terminaient en pugilats et où les boucs-émissaires, humiliés faisaient piètre figure.

Les moeurs ont évolué, fort heureusement et personne ne s'en plaindra. L'enfant est devenu une personne qui a certes besoin d'amour et de bienveillance mais en même temps de cadres et d'interdits. Le monde des adultes a oublié l'importance des limites et de la frustration, deux ingrédients indispensables pourtant à l'épanouissement et au vivre-ensemble.

Ces dernières années, soucieux de conserver l'affection de nos progénitures, nous avons renoncé aux contraintes, pire, nous avons encouragé la transgression mise en avant par la société du spectacle. Les émissions de télé-réalité mettent en exergue des sauvageons mal éduqués, des animateurs humilient les invités. Certaines formes de musique célèbrent la haine de l'ordre établi, le cinéma valorise des rebelles hostiles à toutes normes. Le capitalisme pulsionnel fait exploser toutes les valeurs morales les plus élémentaires au profit de la consommation.

Pas  étonnant que quelques gamins sans repères frappent les enseignants, agressent des policiers, donnant au passage raison aux partisans du retour à l'ordre moral et aux méthodes musclées.

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 08:14

Cinquante ans après sa disparition, le souffle de Célestin FREINET est encore vivace;. plaidoyer pour une éducation populaire et émancipatrice, en rupture avec "l'école-caserne" faite d'obéissance, de soumission et de conformisme. Les engagements de Célestin FREINET sont exemplaires;

-Pédagogiques d'abord: il s'inspire des expériences de Maria MONTESSORI, de DECROLY, de PESTALOZZI pour lancer des pratiques innovantes comme l'imprimerie scolaire qui favorise l'expression des enfants mais aussi des promenades qui permettent l'ouverture de la classe sur le monde.La coopérative, les fichiers auto-correctifs dont il est le précurseur donnent du sens aux apprentissages, responsabilisent les enfants qui apprennent ainsi l'autodiscipline, motivée par le tâtonnement expérimental et l'expression libre.

-Engagement politique ensuite lorsqu'il fonde à Vence en 1935 sa propre école prolétarienne en rupture avec l'éducation nationale qu'il quitte la même année.

-Engagement pacifiste et internationaliste enfin. Il n'hésite pas à accueillir dans son école des réfugiés de la guerre d'Espagne, entre ensuite dans la Résistance et crée en 1957 la Fédération internationale des mouvements d'école moderne qui réunit tous les deux ans des éducateurs du monde entier.

La pédagogie FREINET met en oeuvre une autre approche de l'enfant et de son éducation. Désormais, l'Institut Coopératif de l'Ecole Moderne (ICEM)  qu'il a initié en 1947 continue d'adapter les techniques qu'il a su promouvoir aux exigences de notre temps tout en associant mobilisation pédagogique et politique au service de l'Humain.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 08:13

Il n'y a pas si longtemps, nos jeunes bacheliers fraîchement diplômés prenaient d'assaut les facultés pour tenter d'obtenir une place dans la filière de leur choix. Les premiers arrivés ou les plus pistonnés étaient souvent les premiers servis. Mais les temps ont changé. Aujourd'hui, nul besoin de se déplacer. Six à huit noms d'universités, sélectionnées par ordre de préférence sur une plate-forme informatisée et le tour semble joué.

Depuis 2008, le système Admission Post Bac est censé faciliter le processus et garantir une égalité totale entre les futurs étudiants. Progrès incontestable? Pas tout à fait!! L'opacité et les règles régissant l'algorithme ne sont pas très claires. En effet, le lycée d'origine, la filière choisie, le pays de naissance, les prénoms du postulant figurent sur les documents fournis aux universités;

Pourtant, les bacheliers sont censés bénéficier des mêmes droits quels que soient leur lieu d'habitation, leur origine ou leur milieu social. Il y a là un dysfonctionnement auquel il convient de mettre un terme de toute urgence.Soit les règles ont changé et un débat public doit alors s'ouvrir sur le principe de sélection. Soit, elles restent les mêmes et il faut revoir de fond en comble les consignes données à l'algorithme APB. En finir avec l'hypocrisie. C'est le minimum que nous devons quand il s'agit d'éduquer les générations futures.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 08:09

Le Conseil National de l'Evaluation du Système Scolaire (CNESCO) dresse dans un récent rapport un tableau plutôt sombre de notre école. Les inégalités entre les élèves des milieux populaires et les autres s'aggravent depuis 15 ans, pire, elles s'amplifient. Concrètement, l'école, bien qu'elle soit obligatoire, n'offre pas les mêmes conditions d'étude à tous, ceux de l'éducation prioritaire étant les plus mal dotés. Ces inégalités de traitement s'ajoutent aux inégalités de résultats, puisque tous ne bénéficient pas d'une aide privée pour gagner quelques points souvent déterminants dans leur parcours scolaire. Mais, ce n'est pas tout. A notes égales, tous les jeunes ne sont pas orientés de la même façon selon leur origine sociale, territoriale ou ethnique. Cette inégalité d'orientation s'additionne à la dépréciation de la valeur des diplômes selon leur nature et selon le lieu d'obtention. D'où, au final, une insertion professionnelle plus difficile, dernière inégalité de cette longue liste à laquelle les jeunes des milieux populaire sont confrontés.

A qui la faute? Les parents, selon les auteurs du rapport, n'y sont pas pour grand chose, pas plus que les contexte économique et social dégradé. Reste donc l'école qui, pour le CNESCO "fabrique les inégalités" avec un paradoxe "l'école française donne moins à ceux qui ont moins." (Effectifs par classe pas assez réduits, enseignement de moins bonne qualité, temps d'apprentissage plus courts, équipes pédagogiques plus jeunes, moins expérimentées malgré un engagement fort.)

Le rapport propose d'avancer vite vers "une politique volontariste de mixité sociale". Plus facile à dire qu'à faire car, nous avons malheureusement, en France, "une préférence pour l'inégalité" selon l'expression du sociologue François DUBET.,

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