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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 08:18

Le renouvellement générationnel est un phénomène qui pèse sur les équilibres électoraux et politiques. La moitié des électeurs qui ont voté à la présidentielle de 2012 n'étaient pas en âge de la faire en 1981, lorsque François MITTERRAND est arrivé au pouvoir et un cinquième d'entre eux n'étaient pas encore nés. Or, ces nouveaux citoyens ont grandi dans un monde très différent de celui de leurs aînés, les caractéristiques sociales ne sont pas les mêmes, ils ne sont pas issus des mêmes milieux, ni confrontés aux mêmes enjeux.

Dans un premier temps, ces nouveaux citoyens ont du mal à se situer politiquement à l'inverse des baby-boomers, il faut parfois attendre plusieurs années pour qu'ils adoptent une opinion précise. Ces jeunes majeurs ne sont pas dans le rejet de la chose publique mais dans la prise de distance vis à vis des responsables politiques dont la parole est systématiquement mise en doute. Ils ont une exigence d'éthique, de transparence, de sincérité. Cette aspiration déçue génère une frustration qui, de plus en plus, mène à la colère, d'où la montée en puissance du discours anti-système.

De plus, ces citoyens qui viennent sont plus soucieux d'éliminer que d'adhérer, et se comportent face aux partis dans une logique de nomadisme électoral. Ce sont des personnes qui, grosso-modo, ont plus de risques d'être au chômage ou d'obtenir des emplois précaires dans un monde où les syndicats qui avaient autrefois la capacité de structurer politiquement  les ouvriers et les employés sont de moins en moins présents.

Si nous n'y prenons garde des pans entiers de la population vont ainsi sortir des radars. Nous ne les verrons ni dans les manifs, ni pétitionner, ni dans les bureaux de vote. Cette disparition du champ politique représente un des grands enjeux démocratiques à venir.

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 20:34

Il existe en France une jeunesse debout, vive, pleine d'imagination et de générosité. Bien sûr, tous nos jeunes ne sont pas des anges mais, reconnaissons-le, dans leur immense majorité, ils sont créatifs, joyeux, heureux de vivre, ont soif de partage et d'idéaux. Ce tableau idyllique ne doit cependant pas nous faire oublier une toute autre réalité; dans certains quartiers, des garçons, à peine pubères, imposent leur autorité sur les pratiques vestimentaires, relationnelles et sociales des femmes et des filles. Là où il y a trente ans, la solidarité était de mise, nous observons des frilosités, des peurs, des haines et des refus de savoir. Malheureusement, de plus en plus de jeunes de milieux populaires se soumettent aux injonctions du repli familial, culturel et religieux.

C'est ici, dans ce clair-obscur, que se joue le spectacle d'une élection présidentielle où deux des protagonistes importants sont fortement soupçonnés d'avoir permis des emplois fictifs tout en criant au complot.Là, nous découvrons avec stupeur qu'il n'est pas si grave de traiter un ado de "Bamboula" et que,contrôler des jeunes à leur faciès est une pratique courante.

Que peuvent penser les générations montantes de tels comportements? Comment peuvent-ils se reconnaître dans cette vision du monde que nous leur proposons au nom des droits de l'Humain? Que leur reste-t-il sinon le désespoir et la rage?

Les responsables politiques n'imaginent pas à quel point la jeunesse de notre pays est impatiente de respecter les femmes et les hommes qui nous gouvernent pour leurs actes et de les apprécier pour ce qu'ils sont au fond d'eux-mêmes.

Ils ont aussi une qualité que les adultes sont sur le point de perdre; celle de distinguer les femmes et les hommes qui sont à la hauteur, des bonimenteurs véreux ou des dangereux bouffons. Car, ce monde qui vient  est le leur et ils n'en ont point d'autre.

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 08:07

Le smartphone est-il en train de changer notre vie et celle de nos enfants? Ce que nous constatons toutes et tous, c'est qu'il nous fait vivre dans l'instant, phénomène nouveau qui génère du même coup une obligation d'immédiateté. Ainsi, nous envoyons un message et nous attendons en retour une réponse rapide. Nous supportons de moins en moins l'attente. Nous entrons, sans nous en rendre compte, dans des logiques d'urgence qui rythment non seulement notre temps de travail mais aussi notre quotidien.

Le temps a perdu de son épaisseur, devient plus liquide, à flux permanent. Le smartphone est devenu, ces dernières années, le "doudou" des nouvelles générations avec cependant un paradoxe. La notion de "doudou" est génératrice de calme, de sérénité, à l'inverse du "doudou" informatique terriblement exigeant, harcelant, omniprésent. Beaucoup de jeunes ont le nez rivé à l'écran, avec si possible deux écouteurs coincés dans les oreilles, se recréant ainsi un monde clos, hermétique. Ce besoin d'être relié en permanence fait que nos sociétés contemporaines contraignent surtout les jeunes  à une obligation de vigilance de tous les instants.  Un fil à la patte en quelque sorte avec quatre sujets de discussion récurrents: "T'es où?" "Tu fais quoi?", "Où vas-tu?", "Quand est-ce qu'on se voit? ".

Les parents doivent impérativement poser un cadre , le smartphone ne doit pas être utilisé n'importe où et n'importe quand et surtout pas au lit. "Le smartphone fait dodo comme l'ado."

Nos ados justement sont les enfants du smartphone, main ouverte sur le monde, moyen d'échanger avec les autres, support primordial pour se raconter. Notre plus gros souci, nous les adultes, c'est de résister aux changements en répétant que c'était mieux avant. Ce n'est pas vrai, c'est seulement différent.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 08:19

Connaissez-vous le Dab? Non, ce n'est pas le distributeur automatique de billets, pour les jeunes, ce mot évoque quelque chose de plus distrayant entre le pas de danse et la pose. Oui, le Dab est un mouvement d'une grande simplicité: tendez le bras gauche vers l'arrière, pliez le bras droit et placez votre visage sous le creux du coude!! Ce geste puise ses origines dans le hip-hop américain où un groupe de rap l'a popularisé en 2015. Internet et les réseaux sociaux ont fait le reste. Depuis, sportifs, acteurs, chanteurs, y vont de leur petit Dab, en public ou à la télévision.

En Europe, notamment en France, c'est un footballeur Paul POBGA qui a pris l'habitude de faire ce geste devant les supporters et les caméras pour célébrer  ses buts. Phénomène de mode, manifestation d'un égo, expression d'une victoire, le Dab est utilisé par les jeunes pour épater la galerie.  Son côté populaire explique qu'il soit repris par celles ou ceux qui veulent se donner une bonne image.

Il disparaîtra sans doute aussi vite qu'il est arrivé, dés qu'une nouveauté l'aura rendu désuet.

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 08:12

C'est une de ces routines auxquelles nous ne prêtons plus trop d'attention, entre la douche et le café, nous enfilons chaque matin des vêtements choisis en fonction de l'humeur ou du programme de la journée mais qui en disent long sur ce que nous voulons être. C'est donc une forme de représentation sociale auxquelles n'échappent pas nos enfants. Ainsi, de la naissance à l'adolescence, le vêtement véhicule des questions éducatives plus importantes que nous ne le pensons.

Dès l'âge de la scolarité, le mimétisme commence et il est important pour nos gamins de se conformer à la mode; c'est un enjeu d'intégration. Gare à celui ou à celle qui s'en écarte, se singularise, il risque de passer pour un "bouffon""!!! Les parents sont souvent contraints de se plier aux exigences vestimentaires de leur progéniture qui veulent être comme les autres. 

Puis, vient l'adolescence et ses multiples manifestations incarnées notamment dans le vêtement; double phénomène fait d'affichage et de dissimulation de la sexualité. Nos ados jouent avec les codes sexuels et sociaux en quête de leur identité naissante.Pour les parents, difficile de comprendre ces bouleversements par lesquels le jeune cherche à s'autonomiser.

L'adolescence est aussi l'âge des premiers stages en entreprise, occasion de se positionner par rapports aux us et coutumes de la société:concilier à la fois liberté et conformité. L'éducateur, lui, a la responsabilité de toujours porter un regard bienveillant sur l'enfant y compris sur celui ou celle qui n'adhère pas aux codes en vigueur  et qui n'est indigne pour autant.

Dans une société prompte à juger, c'est un apprentissage de la tolérance qui se profile, y compris pour les parents.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 08:06

Voyage lance l'errance, qui ne bouge n'apprend pas. Le voyage est d'abord et avant tout initiatique, il devient chemin que l'on parcourt vers l'autre en s'oubliant soi-même, en s'ouvrant sur le monde. Cette quête de reconnaissance traverse les siècles. Hier, les étudiants du Moyen-Age sillonnaient l'Europe, d'université en université. Tous nos grands auteurs se sont d'ailleurs nourris de ces expéditions lointaines qui leur procuraient des extases littéraires. Aujourd'hui, Erasmus est un des derniers rêves des créateurs de l'Europe. C'était il y a trente ans.

Le programme Erasmus porte en lui deux valeurs. C'est en voyageant que nous découvrons de nouvelles méthodes, d'autres manières de travailler, d'autres approches inédites qui permettent d'enrichir notre propre expérience, d'avancer vers l'excellence, avec, en prime, la maîtrise d'une autre langue.

La seconde valeur est, bien sûr, la connaissance de l'autre, venu d'autres nations, pétris d'autres cultures. Se découvrir différents mais semblables. Dans un monde fractionné, atomisé, ghettoïsé, ces jeunes, grâce à Erasmus ouvrent des portes et se tendent la main.

Des liens se tissent ainsi dépassant les clivages idéologiques, culturels, politiques. Ces jeunes là ne pourront pas se faire la guerre et c'est heureux!!

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 08:11

100 000 enfants répertoriés par l'administration, en danger par la violence d'un de leurs parents. Nous sommes bien en France où, chaque jour, 2 gamins sont blessés ou  meurent sous les coups d'un de leurs géniteurs. Et ce phénomène écoeurant  touche de plus en plus de familles qui, sous sous prétexte de "punitions éducatives" , maltraitent leur progéniture. Cette violence débute souvent par un geste apparemment anodin, la fessée ou la gifle. Illégales dans 44 pays dont 20 au sein même de l'Union européenne, ces pratiques sont considérées en France comme un acte "banal'", "normal" de l'éducation, à la discrétion des seuls parents. Aucun texte ne l'interdit, malgré toutes les lois sur la maltraitance, malgré la Convention internationale des Droits de l'enfant de 1989, les tribunaux français refusent de les condamner, faisant référence à un "droit à la correction" qui date de 1819!!!

Le gouvernement actuel a bien tenté de légiférer sur ce sujet mais le Conseil d'Etat a cassé cette décision jugeant que le dossier était plus éducatif que judiciaire et rejetant au passage une proposition de loi proposant de déclarer illégale toute violence contre les enfants.

La fessée ou la gifle, rèpêtons-le, n'ont aucune portée pédagogique si ce n'est  de montrer la faiblesse et la peur des parents qui ne sont ni maîtres, ni propriétaires de leurs enfants. Chacune et chacun nous doit comprendre que, face à l'énervement qui peut conduire à la violence, il faut apprendre à surseoir à la pulsion,à se maîtriser..

Le contrôle de soi est essentiel. C'est sans doute le propre des êtres humains mais, à y regarder de prés, nombre d'entre nous ne sommes pas encore entrés dans l'Humanité.

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 08:17

La France change de visage, elle devient métissée, plurielle, plus colorée, plus riche, plus belle, plus forte. Comment sauvegarder alors son unité? L'école se doit de relever le défi de cette pluralité pour nous permettre de cheminer vers un vivre-ensemble salvateur en matière d'avenir. Oui, l'école doit faire de nos différences une source d'enrichissement. Pour cela, les enseignants, toutes disciplines confondues, ont une mission essentielle: ouvrir l'esprit de leurs élèves, leur inculquer l'art d'écouter l'autre, de prendre en compte ses points de vue.Certes, cette connaissance est présente chez les professeurs mais demeure encore trop rarement activée. Enseigner les subtilités de la langue à partir des sens multiples des textes et des discours est à la portée de tous les acteurs du système éducatif.

L'école devrait être un lieu d'échanges, de plaisir,et de discussion à condition que les élèves s'y sentent chez eux. Pour apprendre à se connaître, à s'apprécier, rien ne vaut la mixité sociale et ethnique. Appelons donc les parents qui croient encore à une société apaisée, tolérante, à ne pas fuir égoïstement les établissements où certaines familles souffrent de conditions sociales défavorables. La solidarité commence là, le vivre-ensemble se réalise ici. Les élèves pauvres y gagneront en espérance tandis que les autres, plus aisés grandiront en humanité et en empathie. La cohésion ainsi créée au sein de l'école deviendra réelle au coeur de la société.Pour un meilleur vivre-ensemble/

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 08:05

La politique publique de l'éducation est défaillante dans notre pays qui est, selon une récente enquête de l'UNICEF, l'un des plus inégalitaires du monde développé.Pour un Etat qui fait de l'éducation son premier poste budgétaire, scolarise ses enfants à partir de 3 ans, un tel constat dramatique devrait appeler les responsables politiques à se saisir du sujet.

Malheureusement, le débat public reste prisonnier de postures et d'une vision purement comptable de l'éducation. Les failles du système français sont pourtant clairement identifiées: manque de formation des professeurs,rigidité et centralisme excessif, uniformité de l'enseignement dispensé et des moyens alloués. Le vrai défi est de changer le quotidien des enseignants, de les rendre acteurs de leur métier, d'arrêter de les infantiliser.

On dit souvent que l'Education nationale est irréformable. Il faut donc inventer une nouvelle manière de procéder. Si l'enseignement est un objet politique comme un autre, sujet à débat, l'objectif de la réussite pour tous n'en est pas un et devrait rassembler l'éventail le plus large autour de lui. Ce sera donc de la responsabilité du prochain Président de la République et de son gouvernement, quelle que soit la couleur politique, de lancer, dés le début du quinquennat, une grande consultation transpartisane, ouverte sur la société civile et les acteurs du monde éducatif, pour permettre de dessiner cette révolution scolaire dont la France a plus que jamais besoin.

Un "Grenelle" de l'Education en quelque sorte, à la hauteur du défi lancé par ces milliers de jeunes auxquels le système ne répond plus.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 08:14

En 2012, François HOLLANDE l'avait promis: la jeunesse serait placé au coeur du quinquennat. Alors que celui-ci s'achève et que les grandes mesures en la matière se sont faites rares,14 jeunes âgés de 9 à 17 ans composent désormais le collège des enfants du Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge.Pour la première fois, des mineurs vont émettre des avis officiels non contraignants sur des projets de loi qui les concernent.

L'idée d'écouter les enfants résulte de l'individualisation croissante de la société Alors que dans les années 20, la conception même du bonheur passait nécessairement par la famille, à partir des années 60, émerge la notion de bien-être individuel. Peu à peu, l'enfant devient un sujet de droits particuliers, comme les femmes, comme les malades, avec cependant une nuance de taille.C'est certes une personne comme une autre mais, pas tout à fait, puisqu'il doit être protégé des adultes car c'est un être en construction.

Leur donner la parole est une avancée à condition cependant qu'ils aient des moyens d'action. L'écueil serait de ne déboucher que sur de belles intentions peu suivies d'effets. L'expérience des conseils municipaux de jeunes est à cet égard éclairante. Peu d'entre eux disposent d'un budget qui permette de trouver des débouchés concrets aux idées avancées.

L'avenir nous dira si la jeunesse compte vraiment dans notre société. C'est une question essentielle si nous voulons demain avoir des adultes responsables, soucieux du bien commun.

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  • : L'école doit évoluer pour permettre à tous les enfants de réussir leur scolarité. Ce blog est le témoignage ,les reflexions de pédagogues soucieux de transformer le système éducatif.
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