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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 08:14

En 2012, François HOLLANDE l'avait promis: la jeunesse serait placé au coeur du quinquennat. Alors que celui-ci s'achève et que les grandes mesures en la matière se sont faites rares,14 jeunes âgés de 9 à 17 ans composent désormais le collège des enfants du Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge.Pour la première fois, des mineurs vont émettre des avis officiels non contraignants sur des projets de loi qui les concernent.

L'idée d'écouter les enfants résulte de l'individualisation croissante de la société Alors que dans les années 20, la conception même du bonheur passait nécessairement par la famille, à partir des années 60, émerge la notion de bien-être individuel. Peu à peu, l'enfant devient un sujet de droits particuliers, comme les femmes, comme les malades, avec cependant une nuance de taille.C'est certes une personne comme une autre mais, pas tout à fait, puisqu'il doit être protégé des adultes car c'est un être en construction.

Leur donner la parole est une avancée à condition cependant qu'ils aient des moyens d'action. L'écueil serait de ne déboucher que sur de belles intentions peu suivies d'effets. L'expérience des conseils municipaux de jeunes est à cet égard éclairante. Peu d'entre eux disposent d'un budget qui permette de trouver des débouchés concrets aux idées avancées.

L'avenir nous dira si la jeunesse compte vraiment dans notre société. C'est une question essentielle si nous voulons demain avoir des adultes responsables, soucieux du bien commun.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 08:08

L'OCDE qui évalue tous les trois ans les élèves de 15 ans en mathématiques, sciences, lecture est  devenue une référence. Cette enquête, PISA est-elle le reflet de ce qui s'apprend en classe? Certes, elle fournit une mine d'informations sur l'état de notre école mais elle ne dit pas tout. Elle mesure des compétences essentielles mais n'évalue pas les compétences sociales, civiques, morales, artistiques plus difficiles à traiter par les statistiques. Ce qui est regrettable, c'est que PISA ne mesure pas non plus la maîtrise des programmes scolaires mais se focalise sur tout ce que tout jeune devrait posséder pour avancer dans sa vie future/ aptitudes à utiliser ses savoirs dans des contextes quotidiens, capacité à comprendre, analyser, raisonner, ce qui est assez réducteur.

Plus problématique est l'usage qui est fait de PISA. Tous les trois ans, l'attention médiatique se porte sur les classements des pays, du meilleur au moins bon. Or, il faut savoir que l'étude porte sur de petits échantillons d'élèves et présente des marges d'erreurs.

Mais surtout, PISA ne prend en compte que des jeunes de 15 ans scolarisés, ce qui engendre des ambiguités, car tous les pays n'ont pas cette exigence.

Reconnaissons toutefois que la nouvelle édition de PISA confirme que l'école française reste malade de ses inégalités. La relation entre performance et milieu socio-économique est l'une des plus fortes de l'OCDE. Est-ce à dire que les efforts entrepris ces dernières années, scolarisation précoce, refonte de l'éducation prioritaire, dispositif "Plus de maitres  que de classes" ont été vains? Les réformes mises en oeuvre par l'actuelle majorité portent sur le primaire, et en cette année 2016-2017 seulement sur le collège.

La refondation de l'école pourra être pleinement évaluée à l'aune de PISA 2018, voire 2021. Attendons et surtout, ne relâchons pas nos efforts!!!

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 08:17

Nous le savons, il existe plusieurs jeunesses en France. L'une, insérée dispose à la fois de la formation et du capital culturel qui souvent l'accompagne. A l'abri du besoin, elle trouvera demain sa place dans la société. L'autre, par contre, vit dans l'incertitude, peu formée, peu instruite, reléguée territorialement et socialement, elle alimente cette masse de jeunes de moins de 30 ans, qui n'est ni dans la vie active, ni dans le système éducatif, ni en formation. Une véritable bombe à retardement. Cette jeunesse là est massivement au chômage ou en CDD. L'explosion du coût des logements lui a rendu inaccessible l'idéal d'émancipation. Elle vit par conséquent plus longtemps chez les parents par obligation et non par choix.

Les transports constituent pour ces jeunes un enjeu-clé:difficulté d'obtention et du coût du permis de conduire, des transports en commun. Enfin, cette jeunesse n'a pas de véritable représentation politique. Bien sûr, les mécanismes de redistribution et d'insertion sont là pour lui rendre le quotidien plus acceptable mais les choix décidés par la collectivité favorisent bien plus les seniors et les retraités. C'est logique compte-tenu de leur sur-représentation massive parmi les électeurs!!!

Et pourtant!!! Cette jeunesse nourrit les bataillons de l'ébranlement démocratique qui traverse la société française. Quand prendrons-nous conscience que nous ne pouvons laisser sur le bord du chemin une partie de cette jeunesse qui est aussi notre avenir. Il est grand temps de nous en occuper sérieusement et de lui donner enfin la place qu'elle mérite!!!

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 08:13

Se promener, rejoindre des amis, rentrer de l'école tout seul est devenu un exploit. Et pourtant!!! Nos arrières grands-parents pouvaient se balader seuls et aller pêcher dans un étang, à prés de dix kilomètres. Le grand-père marchait trois kilomètres aller et retour jusqu'à l'école. Le père, lui aussi allait seul à l'école ou à la piscine distantes d'un kilomètre et demi de son domicile. Quant à son fils, il n'a pas le droit de s'éloigner de plus d'une centaine de mètres de la maison, va à l'école en voiture, joue sous la surveillance de ses parents, fait du vélo dans des endroits "sécurisés".

Que s'est-il donc passé?  Les parents expriment des peurs "irrationnelles", en partie alimentées par les médias pour expliquer la prédominance de ces comportements surprotecteurs, jugent leur rejeton trop jeune, pouvant être approché par des inconnus. Eduquer revient alors à neutraliser les risques. 

Résultat: les enfants ont de moins en moins la possibilité d'explorer, d'expérimenter. Or, jouer sans surveillance est pourtant essentiel à la construction de l'autonomie et de la confiance en soi.Dans ces conditions, comment apprendre la sécurité sans se confronter aux dangers? Comment découvrir les possibilités et les limites de son corps?

Aujourd'hui, les réseaux sociaux deviennent les nouveaux terrains vagues, des espaces de liberté où les jeunes échappent enfin au regard des adultes, où ils se retrouvent avec leurs pairs et où, malheureusement le péril est tout aussi important, sinon plus!!! Ce qui est plus inquiétant ,c'est que nos enfants sont capables d'identifier plus d'une centaine de logos d'entreprise mais moins d'une dizaine de plantes originaires de leur région. Déconnectés du réel, emportés dans le virtuel.

Alors, parents, n'attendez plus, détendez-vous, faites confiance à vos gamins et mettez-les dehors!!!

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:05

Noël approche et voilà que quelques élus ont pris une initiative pour le moins curieuse: ériger une crèche au sein de quelques mairies.Or, la crèche n'est pas anodine dans notre civilisation judéo-chrétienne. C'est un objet incontestablement cultuel. Dans un pays où un habitant sur deux se déclare indifférent à toute foi religieuse, il est discriminatoire de privilégier ainsi une religion dans les édifices officiels.En effet, les mairies sont des maisons du peuple tout entier et non des seuls croyants. Nous ne devons pas oublier que la neutralité qui s'y impose est le signe évident de leur nécessaire universalité. Vouloir s'en affranchir, c'est imposer un privilège attentatoire au principe d'égalité.

En revanche, la crèche est légitime dans une vitrine de magasin, dans une devanture de théâtre, dans un lieu de culte ou un domicile privé, bref, dans tout espace sans rôle étatique officiel. La séparation de l'Etat et des Eglises doit s'appliquer à tous les niveaux des collectivités territoriales.et le respect d'une telle exigence de neutralité n'a rien d'offensant pour la religion comme le précise l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905.

La laïcité  ne consiste nullement à raturer toute trace des religions dans l'espace public mais à traiter également les divers croyants, les athée,ou les agnostiques. C'est la raison pour laquelle une crèche n'a pas sa place dans une mairie même en invoquant l'art ou la culture pour justifier de son installation.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 19:49

En 1905, la laïcité, séparation de l'Eglise et de l'Etat avait pour but de lutter contre l'influence, jugée à l'époque excessive du Vatican sur les conscience et la jeunesse, perçue comme un obstacle à la vocation de la République de former des citoyens. Un siècle plus tard, l'enjeu est un peu différent. L'objectif de la laïcité est de construire l'inclusion et l'intégration et non plus la séparation.

Dans les générations précédentes, les savoirs appris à l'école permettaient aux enfants d'immigrés de s'élever dans la société. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas; ces mêmes jeunes ont l'impression que la culture scolaire ne sert à rien, et rejettent du même coup, les valeurs, la laïcité et la démocratie pourtant inculquées par l'institution éducative.

Quelle que soit l'évolution de la société depuis un siècle, elle doit poursuivre le même objectif: pacifier plutôt que stigmatiser les individus ou attirer les haines, elle doit être porteuse de cohésion sociale notamment pour les jeunes sans repères. Encore faut-il que d'autres facteurs d'intégration comme le système scolaire, la formation ou le marché du travail l'accompagnent et la complètent.

Plus que jamais indispensable, la laïcité ne peut tout  résoudre à elle  seule. Ce principe reste malgré tout une des plus belles conquêtes qui mérite qu'on la préserve et qu'on l'universalise.

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 21:55

Bon nombre d'enfants "à problèmes" sont estampillés "handicapés psychiques" par la Maison Départementale des Personnes en situation de Handicap", porteurs d'étiquettes que nous leur assignons: dyspraxie, dyslexie, dyscalculie,déficits attentionnels, troubles oppositionnels, hyperactifs, etc... Une fabrique de diagnostics qui marquent dans la chair et valorisent le traitement des effets et non des causes du système éducatif français, le plus inégalitaire de l'OCDE, (comme vient de le confirmer la récente enquête PISA.)

Désigner ces gamins sans prendre la mesure des décisions politiques prises en amont,c'est effacer l'enfance. Les fermetures accélérées des classes uniques dans les villages,les classes surchargées dans les villes, la diminution des effectifs d'enseignants mais aussi de médecins,psychologues, assistantes sociales scolaires ont eu un impact non négligeable  tant sur le comportement que sur les résultats des enfants les plus fragiles. Au nom d'un prétexte comptable dont l'efficacité reste à démontrer, le démantèlement de tous ces savoirs a été remplacé d'un trait de plume par un nombre incalculable d'emplois de service précaires.

Pour promouvoir dignement un processus d'apprentissage, il faut des conditions d'espace-temps propres à l'enfant ainsi qu'une obligation de moyens.Un espace inviolable, une sorte de suspension loin du monde foisonnant, un rythme lent soutenant l'apprentissage, de la capacité de juger, pour, dans des situations inédites, nous sauver du désastre.

Battons-nous pour soutenir à l'école des initiatives citoyennes, loin d'une logique néolibérale qui fabrique des exclus.Luttons pour créer des greniers à savoirs qui englobent l'écologie, la philosophie, les arts manuels, musicaux, l'éducation populaire.Construisons des espaces de vie où l'expérience de penser le monde puisse aussi bien se faire un crayon sur la feuille,les mains dans la terre, les yeux dans le ciel,les pieds en éventail, le corps en mouvement, l'oreille qui traîne.

Il en va de notre responsabilité poétique et politique à tous!!!

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 08:12

Le Haut Conseil à l'égalité vient de rendre public un rapport sur l'éducation à la sexualité. Ce texte regrette l'abandon de toutes les initiatives qui avaient été mises en place dans les établissements scolaires. Ainsi, sur 12 millions de jeunes scolarisés chaque année, seule une petite minorité bénéficie encore de séances annuelles d'éducation à la sexualité comme la loi le préconise. Ne nous étonnons pas si les stéréotypes continuent à peser sur les comportements: violences sexistes, agressions, inégalités au sein des groupes, intolérances vis à vis de l'homosexualité.

Comment faire évoluer les mentalités quand un quart des établissements ne mettent en place aucune action d'éducation dans ce cadre, quand le terme "sexualité" est absent des nouveaux programmes, quand le guide de formation des formateurs est caduque, quand seule la vision biologisante est  privilégiée?

Le rapport plaide pour une relance claire de la politique d'éducation à la sexualité qui devrait partir des attentes et des besoins des jeunes et non des cours magistraux réalisés par les adultes.

De la maternelle à l'université, le droit fondamental à bénéficier d'une éducation à la sexualité doit être réaffirmer et être effectif pour tous.

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 08:22

La langue est une clé sociale. Ne pas la posséder, ou la maîtriser insuffisamment handicape lourdement le locuteur. Le problème aujourd'hui est que de nombreux jeunes, issus en particulier des immigrations, ne maîtrisent ni la langue maternelle de leurs parents, ni le français. Résultat: un déficit d'intégration par défaut d'acquisition de la forme commune du langage. Bien sûr, ils communiquent avec leurs proches, inventent leurs propres codes mais ne sont pas compris des autres. C'est l'avenir du vivre ensemble et de la démocratie qui est en train de se jouer. Quand nous ne disposons que de quelques centaines de mots pour argumenter, la violence physique ou verbale n'est jamais loin!!

Comment combler ce vide?Comment partager ce capital linguistique qui divise, apanage de quelques privilégiés? Les jeunes issus de milieux favorisés  adorent utiliser des expressions empruntées aux cités, c'est tendance, en effet!! Mais, l'inverse n'est pas vrai. La jeunesse des quartiers n'a pas accès au langage bourgeois.

Quand la langue s'appauvrit, la chaîne de transmission est menacée, ne fonctionne plus sur le modèle du partage mais du pillage. A méditer!!!

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 08:03

En quelques décennies, le temps des vacances des enfants s'est indexé sur celui de leurs parents. Aujourd'hui, ils ne disposent plus de suffisamment de temps ni pour eux ni pour leur progéniture; la vie moderne est chronophage!! L'enfance n'est malheureusement plus d'actualité; nous lui préférons désormais l'adolescence avec toutes les caractéristiques de cet âge ingrat: narcissisme, passage à l'acte, irresponsabilité, envie simultanée de transgression et de régression, d'indépendance et de protection. Nos sociétés voudraient, dés la sortie du ventre maternels des enfants raisonnables et purs!!! Et pourtant!!! Rappelez-vous!!!

Nous sommes tous passés par cette période d'émerveillement , de déception, de désordre, d'incohérence, de désir, de peurs, de promesses pas toujours tenues. Nous ne sortons jamais indemnes de notre enfance. Alors, pour l'apprivoiser, nous la réinventons selon les besoins de notre accommodation au monde des grandes personnes sensées.Oubliant au passage sa vivacité, sa folie douce, son pouvoir de recréation. 

La cause de l'enfance devrait être la nôtre, celle de la liberté, pas encore contrôlée, mais protégée. Même ses blessures nous rendent nostalgiques. Ne tournons plus le dos à notre enfance, car c'est souvent en elle que nous pouvons trouver la passion de la vie.

 

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  • : L'école doit évoluer pour permettre à tous les enfants de réussir leur scolarité. Ce blog est le témoignage ,les reflexions de pédagogues soucieux de transformer le système éducatif.
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